La Place Tahrir, emblématique et symbole mondialement connu lors de la Révolution de 2011, se refaçonne actuellement dans le cadre d'un grand projet de rénovation et de modernisation de l'Egypte historique.
Centre névralgique de la capitale égyptienne, la Place Tahrir est située à la jonction de plusieurs axes importants : la rue Talaat Harb, la rue de Mogamaa Al-Tahrir et l'avenue du même nom que la Place. Tout près, le pont Qasr Al-Nil donnant sur le Nil avec ses fameux lions qui y veillent comme des défenseurs des lieux.
Sur la Place, un gigantesque rond-point occupe le centre. Les rues qui y débouchent sont fameuses aussi : Al-Qasr Al-Eini, Qasr Al-Nil et Mohamed Mahmoud.
Aujourd'hui, la Place Tahrir est rénovée. Tôles ondulées, grue et bruits de marteaux-piqueurs, les habitants des alentours aussi bien que les passants, peuvent vous confirmer que la Place s'est métamorphosée. Un vaste chantier où s'activent les travailleurs, la plus fameuse Place de la capitale est soumise à de vastes travaux de réaménagement.
Il y a quelques jours, le chef du gouvernement, Dr Moustafa Madbouli, était sur les lieux pour inspecter les travaux de développement de la Place.
Le Premier ministre a commencé sa tournée, en inspectant les travaux d'aménagement du Musée Egyptien. Il s'agit de l'augmentation de l'efficacité du jardin et de la fontaine ornant l'entrée du Musée. Il est également question des travaux d'éclairage mis en oeuvre pour les façades du Musée, ses murs extérieurs et le jardin.
Les fameux bâtiments publics donnant sur la Place sont également soumis à un nouveau système d'éclairage qui met au clair la beauté de ces bâtiments. L'Etat cherche, par ce projet, à mettre en évidence les trésors de la civilisation et de l'Histoire égyptiennes, pour que la Place Tahrir devienne un nouveau sanctuaire d'attractions touristiques, affirment les responsables du projet.
Dr Madbouli a instruit d'accorder la responsabilité d'éclairage des bâtiments donnant sur la Place à une entreprise spécialisée pour maintenir les travaux de développement effectués, de sorte à garantir son apparence dans la meilleure forme.
Le ministre du Tourisme et des Antiquités, Dr Khaled Al-Anani, a pour sa part souligné lors de cette tournée d'inspection, que le projet de développement comprenait l'installation et la restauration de l'obélisque de Ramsès II, qui a été déplacé de la zone archéologique de San El-Hagar à Charkiya. Cet obélisque est d'une hauteur totale de près de 19m. Son poids est de 90 tonnes. L'obélisque a été taillé dans une pierre de granit rose et se distingue par la beauté de ses reliefs représentant le Roi Ramsès II, debout devant une divinité.
Les travaux de développement de la Place Tahrir comprennent aussi l'achèvement des travaux d'installation de quatre béliers sur les socles qui leur ont été destinés, tout aux côtés de l'obélisque, afin de donner à la Place, un caractère très particulier représentant la civilisation pharaonique, en plus des autres styles architecturaux, qui sont à remarquer et qui caractérisent d'autres fameux bâtiments des lieux, comme le bâtiment administratif de Mogamaa Al-Tahrir, avec son style architectural soviétique, ou encore celui servant de siège de la Ligue Arabe avec ses motifs islamiques, et encore une touche moderne caractérisant les hôtels qui se trouvent sur la Place.
Une rénovation globale de la Place touche tout... bâtiments, façades, éclairage, espaces verts, affirment les responsables, qui révèlent que la majeur partie des travaux de réaménagement et de rénovation de la Place sont déjà achevés.
Historique des lieux
La Place Tahrir est témoin de la civilisation et de l'Histoire égyptiennes, ainsi que des événements politiques qui ont connu la lutte des Egyptiens contre différents régimes.
La place est à l'origine une zone humide, inondée périodiquement par les eaux du Nil, et passablement insalubre. L'aménagement débute au XIXe siècle, sous le régime du khédive Ismaïl (1830-1895). S'inspirant des villes européennes, notamment Paris et la Place De Gaulle, le khédive fait édifier des immeubles modernes et percer des rues droites et bordées d'arbres. Au bord du Fleuve, il fait édifier le palais du Nil (Qasr-Al-Nil) et à l'angle sud-ouest de la Place, le palais Ismaïlia. Lorsque les Anglais imposent leur protectorat en 1882, le palais du Nil devient leur quartier général. Le bâtiment est démoli en 1959. La Place porte tout d'abord le nom de Place Ismaïlia, du nom d'Ismaïl pacha. Elle est rebaptisée Place de la Libération (Tahrir) au moment de la Révolution de 1952. Toutefois, les histoires sont différentes à ce propos, puisqu'on dit que la Place a pris le nom "Liberté" (Horreya) après les événements de la Révolution de 1919, symbole de la libération des populations, alors que d'autres histoires disent que la Place fut ainsi baptisée, après que les femmes ont enlevé le niqab (voile intégral) lors de la Révolution de 1919 lorsqu'elles se trouvaient sur la Place.
En 1881, la Place était témoin de la Révolution d'Orabi, le fameux militant égyptien. C'est là où fut lancée l'unité militaire présidée par Ahmed Orabi qui s'est rendue au Palais Abdine contre le khédive Tewfik et l'occupation britannique en Egypte.
En 1919 également, les Egyptiens se sont rassemblés sur la Place Ismaïlia (Tahrir actuellement), dans le plus grand rassemblement jamais connu dans le pays contre les Britanniques, afin d'exercer une pression sur l'occupant et le forcer à permettre le retour de Saad Zagloul de son exil.
Ce pivot de la vie cairote est le cadre de plusieurs manifestations populaires, entre autres, le rassemblement du peuple qui avait refusé que Nasser quitte le pouvoir en 1967, outre un autre rassemblement pour le peuple aussi en 1972, appelant Sadate à déclarer la guerre contre Israël, en plus des rassemblements festifs des Egyptiens pour célébrer la victoire du Six Octobre 1973 et finalement la révolution de 2011. (source : articles dans les journaux locaux et le site Wikiwand)